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La réadaptation cardiaque : Pourquoi aller jusqu’au bout ?

En résumé : ne pas faire de réadaptation après un événement cardiaque, c’est se priver du traitement non médicamenteux le plus efficace qui existe en prévention secondaire. Le bénéfice est comparable — voire supérieur pour certains paramètres — à celui des meilleurs médicaments cardiaques.

La réadaptation cardiaque incomplète, c’est un peu comme un traitement antibiotique arrêté trop tôt — les bénéfices sont là, mais insuffisants pour vous protéger vraiment. Aller jusqu’au bout du programme change concrètement les chances de rester en bonne santé.

Ce qu’on sait sur les bénéfices

La réadaptation cardiaque (RC) est un programme de suivi après un problème cardiaque (infarctus, insuffisance cardiaque, opération…). Il associe exercice physique encadré, éducation sur la maladie et soutien psychologique.

Les chiffres sont éloquents : suivre un programme complet réduit le risque de décès d’environ 30 % et divise par deux le risque de récidive. Les réhospitalisations sont également significativement diminuées.

Plus on fait de séances, mieux c’est

Les études montrent une relation claire entre le nombre de séances réalisées et les bénéfices :

  • À partir de 12 séances, la mortalité commence à diminuer de façon mesurable.
  • À 36 séances (programme complet), le bénéfice est maximal — le risque de décès peut être réduit de près de 50 % par rapport à quelqu’un qui n’aurait fait qu’une ou deux séances.
  • Chaque tranche de 5 séances supplémentaires est associée à une réduction de 13 % de la mortalité et de 31 % des hospitalisations.

Arrêter en cours de route : un vrai risque

Une étude menée sur plus de 900 patients après un infarctus (essai OPTICARE) a comparé ceux qui avaient terminé leur programme à ceux qui l’avaient abandonné avant d’avoir fait 75 % des séances prévues.

Le résultat est frappant : les patients qui n’ont pas terminé leur réadaptation avaient presque 3 fois plus de risque de subir un événement cardiaque grave (nouvel infarctus, décès, revascularisation) sur les 3 années suivantes (11,3 % contre 3,8 %).

Pourquoi certains abandonnent ?

Les raisons sont souvent pratiques ou psychologiques : fatigue, transport, sentiment d’aller mieux, tabagisme persistant, manque de motivation. C’est précisément pour lever ces obstacles que
l’accompagnement et l’éducation tout au long du programme sont essentiels.

Et ceux qui ne font aucune réadaptation cardiaque ?

Une situation encore trop fréquente


En France, seulement 30 % des patients après un infarctus et 10 % des insuffisants cardiaques bénéficient d’une réadaptation cardiaque. Autrement dit, la majorité des patients qui pourraient en profiter n’y ont jamais accès — ou n’y sont pas orientés.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes


Par rapport aux patients qui suivent un programme complet, ceux qui ne font aucune réadaptation ont :

  • 30 % de risque de décès en plus (toutes causes confondues)
  • 50 % de risque de récidive cardiaque en plus
  • Un risque de réhospitalisation significativement plus élevé dans les 3 mois suivant leur sortie de l’hôpital


Pour les insuffisants cardiaques en particulier, ne pas faire de RC multiplie par deux le risque de décès à 3 ans par rapport à ceux qui en bénéficient.


Comparaison des trois situations de réadaptation cardiaque (RC) :

Aucune RCRC incomplèteRC complète
Risque de décès30% (le plus élevé)Réduit, mais insuffisantRéduit de ~30 à 50 %
Risque de récidive50%Partiellement réduitRéduit de ~50 %
RéhospitalisationsFréquentesMoins fréquentesNettement diminuées

Pourquoi ce sous-recours ?


Les raisons sont multiples : manque d’orientation par le médecin, éloignement géographique, méconnaissance du patient sur l’intérêt du programme, et parfois un faux sentiment de guérison après l’hospitalisation — « je me sens mieux, je n’en ai pas besoin ».

Dr Dany Michel Marcadet, Cardiologue, Centre Cœur et Santé Bernoulli

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